Popularisé depuis maintenant plus de 2 ans, le terme d’ubérisation est de plus en plus utilisé pour décrire des phénomènes qui n’ont, souvent, rien à voir. Alors qu’est-ce que l’ubérisation et d’où vient-elle ? La réponse par ColorMyLife…

Définition

L’ubérisation est un phénomène récent dont le principe repose sur la possibilité accordée à des particuliers de bénéficier de services de la part de professionnels par le biais d’une application mobile ou sur Internet. Ce modèle économique nouveau a été popularisé par l’application Uber, présente dans plus de 50 pays et 230 villes.

De manière générale l’ubérisation désigne des services dont la typologie est la suivante :

  • Une plate-forme numérique permettant la mise en relation de consommateurs et de prestataires de service,
  • L’instantanéité induise grâce à la proximité géographique entre les deux partis,
  • Le paiement effectué sur la plateforme, avec une commission prélevée par le prestataire sur la transaction,
  • Un système d’évaluation du produit ou service proposé.

Origines

La personne ayant popularisé le terme d’ « ubérisation » est le philosophe français Maurice Lévy. Dans un entretien accordé au magazine Financial Times en 2014, il revient sur l’origine du phénomène induit par la popularité grandissante de l’application de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), Uber et le modèle économique sur lequel l’entreprise repose.
Ce néologisme a très rapidement pris de l’ampleur et s’est démocratisé dans le langage courant.

Avantages pour les consommateurs

La démocratisation des applications et de manière générale de l’Internet a bouleversé de manière profonde l’économie mondiale. En effet, le nombre de plateformes mettant en relation les fournisseurs de services ou de produits directement avec leurs clients, et sans passer par un ou plusieurs intermédiaires, a grossi de manière exponentielle.

Cela représente un avantage réel pour les particuliers puisque que ces derniers recherchent, désormais, le moyen le plus rapide, économique et ergonomique de disposer de ce pourquoi ils paient. En ce sens, le nombre d’applications de cette nouvelle économie ne semble pas avoir de frontières: tourisme, transport, services à la personne, banque. En somme, plus le temps passe plus de nombre de secteurs concerné augmente.

Enfin, au-delà des aspects économique et pratique, l’ubérisation induite une réelle volonté de la part des consommateurs et des entreprises de replacer le client au coeur de l’économie.

De très vives critiques

Pendant de longs mois, personne n’a osé critiquer ce nouveau modèle économique supposé, à l’époque, révolutionner de manière positive une grande partie de l’économie mondiale. Mais rapidement, qu’elles soient celles d’anciens chauffeurs Uber dénonçant une vaste tricherie ou de la part de grands économistes, de nombreuses voix se sont élevées et dont le but était de mettre en lumière les dangers de l’ubérisation.

La principale critique adressée à l’encontre de l’ubérisation est l’automatisation. En effet, ce phénomène que certains appellent la « quatrième révolution industrielle » pourrait entraîner la suppression de plus de de cinq millions d’emplois d’ici à 2020 dans les pays industrialisés et pourrait toucher tous les secteurs confondus.

Ce constat est à mettre en relation avec l’arrivée des Big Data et des robots dont l’utilisation ne semble avoir aucune limite tant le retour sur investissement est important.

Le chantier de régulation de l’ubérisation est immense et crée depuis plus de trois ans de vives tensions dans de nombreux secteurs. C’est pourquoi de nombreux états et organismes nationaux prennent déjà des mesures pour encadrer les différentes pratiques et protéger au mieux les salariés.

Source photo : Prathan Chorruangsak / Shutterstock.com

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